Point de situation Covid-19 – 17 mars 2021

Point de situation Covid-19 – 17 mars 2021

Depuis le début de la campagne de vaccination en France, 5.585.537 de personnes ont reçu au moins une injection (soit 8,3 % de la population totale et 10,6 % de la population majeure) et 2.349.027 de personnes ont reçu deux injections (soit 3,5 % de la population totale et 4,5 % de la population majeure). Au total, 188.533 injections ont eu lieu dans les dernières 24 heures.

Au regard des derniers indicateurs et des analyses des médecins, trois constats s’imposent :

Les variants ont changé la donne :

Très tôt, des décisions ont été prises pour le quotidien des Français : le couvre-feu à 18h et le confinement le week-end dans certaines régions. Dans le même temps, la stratégie « Tester-Alerter-Protéger » a été renforcé, ce qui a permis d’accélérer fortement la campagne vaccinale. Grâce à ces actions et à l’engagement de tous les Français, nous avons freiné l’épidémie, empêché notre hôpital d’être submergé et évité une augmentation exponentielle du nombre de cas que beaucoup jugeaient pourtant inéluctable il y a un mois et demi.

Aujourd’hui, nous continuons à apprendre sur ces variants qui changent la donne, en France comme ailleurs. Ainsi, l’épidémie progresse dans l’Union européenne, y compris dans les pays qui avaient confiné en janvier. Par ailleurs, nous continuons à surveiller les variants avec la plus grande attention. Grâce à nos capacités de détection, nous sommes parvenus à identifier, en Bretagne, quelques cas d’un « variant du Tregor ». A l’heure actuelle, rien ne permet de conclure que ce variant soit plus dangereux ou plus contagieux. Mais, nous sommes extrêmement vigilants et nos autorités sanitaires poursuivent les investigations sanitaires nécessaires.

Cette épidémie de variants touche très inégalement les différents territoires de notre pays :

La tendance de ces dernières semaines ne s’est pas démentie et, si le confinement le week-end a permis de reprendre le contrôle de l’épidémie, notamment dans les Alpes-Maritimes, la COVID continue à progresser dans certaines régions, comme l’Ile-de-France ou les Hauts-de-France. 

De cela, nous tirons d’ores et déjà deux enseignements :

  • d’abord, la stratégie localisée est la bonne stratégie. Elle permet de limiter de manière précise et proportionnée l’expansion du virus ;
  • ensuite, nous devons être prêts, si la situation l’exige, à prendre dans les territoires les plus touchés des mesures de diverse intensité adaptées à la situation territoriales.

Dans certains endroits, la pression dans les services de réanimation est extrêmement forte et le couvercle de la cocotte-minute est sur le point de sauter.  Notre objectif aujourd’hui, c’est bien de protéger les Français et de faire descendre la pression.

Nous nous y employons, massivement, en reprogrammant certaines opérations, en mobilisant tous les lits disponibles et en procédant à des évacuations sanitaires nombreuses vers les régions moins touchées.

A cette fin, en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, des mesures supplémentaires s’imposent. Elles seront pragmatiques et adaptées aux territoires, pourront être de tous ordres et aller jusqu’au confinement. Une concertation est lancée avec les élus locaux pour identifier les bonnes actions pour casser la dynamique de l’épidémie dans chaque région.

La vaccination fonctionne :

C’est un soulagement immense et c’est la confirmation que la vaccination est notre meilleure arme et notre meilleur espoir pour sortir de cette crise. A l’heure où je vous parle, près de 8 millions de doses de vaccins ont déjà été administrées à environ 5,5 millions de Français.

Ces chiffres concernent notamment les personnes âgées, les plus exposées, puisque la quasi-intégralité des patients en EHPAD a été vaccinée ainsi qu’une personne sur quatre âgée de plus de 75 ans. Les résultats sont là : le nombre de décès en EHPAD a considérablement baissé et le taux d’incidence chez les 75 ans et plus est en constante diminution depuis mi-janvier – alors qu’il augmente sur l’ensemble de la population.

La vaccination, c’est la voie vers le retour à la liberté. Grâce à elle, nous avons pu, par exemple, alléger les mesures sanitaires dans les EHPAD et faciliter considérablement les visites.

Fort de ces résultats, nous avons considérablement accéléré la cadence de la vaccination. Nous avons fixé un objectif : 10 millions de Français auront reçu leur première injection d’ici mi-avril. Cet objectif, nous le maintenons. Evidemment, la suspension de la vaccination à l’aide du vaccin AstraZeneca aura un impact de court-terme sur le rythme de la campagne vaccinale. Mais, nous le rattraperons rapidement.  Sur le AstraZeneca : suspension ne veut pas dire défiance.

Au contraire. La prudence, c’est le ciment de la confiance. Alors, nous étudions scrupuleusement avec les autorités sanitaires indépendantes tous les effets secondaires potentiels recensés.

Concernant ce vaccin AstraZeneca, une trentaine de cas de thrombose (caillots de sang) ont été recensés sur 5 millions d’injections en Europe. Nos voisins britanniques, par ailleurs, où plus de 10 millions d’injections d’AstraZeneca ont été réalisées ne relèvent pas de surreprésentation de thrombose parmi les personnes vaccinées.

Par précaution, et comme nos voisins allemands, italiens ou néerlandais, nous avons décidé de suspendre très temporairement les vaccinations le temps que l’agence européenne du médicament, étudie les liens éventuels entre le vaccin AstraZeneca et ces rares événements.

Un avis est attendu demain. Et, s’il confirme la sûreté sanitaire du vaccin AstraZeneca, nous pourrons reprendre la vaccination de plus belle et avec une sérénité renforcée. C’est en ce sens, par soucis d’exemplarité et de réassurance, que le Premier ministre a affirmé hier qu’il était prêt à se faire vacciner dans les tout prochains jours.